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Le port de Clabecq est opérationnel (16-06-2008)

Clabecq dispose désormais de sa zone portuaire. Un quai de 240 m permet aux entreprises des environs de charger et décharger leurs marchandises. Les sociétés y trouvent des avantages écologiques et économiques. Un mur de quai d'une longueur de 240 mètres, et une superficie de quatre hectares pour un investissement de 10 millions d'euros. Depuis le début du moins de juin, la zone portuaire de Clabecq, le long du canal Bruxelles-Charleroi, est opérationnelle. Les entreprises peuvent décharger ou charger leurs marchandises pour leur faire emprunter la voie d'eau. Le site permet aussi la multimodalité, puisque la zone dispose aussi à présent d'une voie de chemin de fer raccordée à la gare de Clabecq. Celle-ci permet notamment d'amener des wagons chargés vers la zone, où deux trémies et une bande transporteuse permettent de remplir les bateaux.

La Région wallonne (via les ministres Marcourt, Daerden et Antoine) a financé les infrastructures, qui appartiennent au port autonome de Charleroi. Les terrains restent propriété de la Sarsi (Société d'assainissement et de rénovation des sites industriels du BW). "C'est l'accomplissement d'un projet dont on a eu l'idée il y a dix ans, se réjouit Philippe Remy, de la Sarsi. Un bureau d'études spécialisé en zones portuaires avait mené une étude auprès des industriels locaux. Il a considéré l'endroit, au sud de Bruxelles, comme idéal. Cette infrastructure rendra service aux entreprises de la région. Et c'est positif pour l'environnement."

C'est le groupe Gobert, occupant 1,5 ha de la zone, qui en sera le manutentionnaire et mettra une partie du quai au service d'autres entreprises. Ce groupe est notamment actif dans la logistique et le transport et possèdait déjà des concessions sur cinq quais en Belgique. A Clabecq, le site lui servira de terminal de chargement et de déchargement, pour ses propres marchandises, et celles d'autres entreprises clientes. "On s'intéresse à la voie d'eau depuis de nombreuses années, explique Jean-Luc Wouters, directeur du groupe Gobert. L'avenir nous dit qu'il y aura de plus en plus de problèmes au niveau routier (congestion, impact sur l'environnement...) Il y aura aussi peut-être des impositions légales dans ce domaine. En outre, Clabecq a l'avantage de sa situation géographique. Elle se trouve à proximité de Bruxelles et des ports de mer. C'est une plate-forme décentralisée intéressante. C'est aussi moins cher pour le stockage et la manutention, car dans les ports de mer, il y a une congestion. Enfin, il y a aussi la proximité du bassin carrier de porphyre."

Gralex, exploitant des carrières de Quenast, attend cette opportunité depuis 2000, pour des raisons écologiques et économiques. La société occupera un demi-hectare de la zone portuaire. "Nous sommes des producteurs de grande quantité. Les cailloux, cela coûte 10 centimes le kilo, mais le transport, lui, coûte cher. En 50 km, le prix est doublé, affirme Ivo Berti, directeur chez Gralex. Pour pourvoir suivre, il y a les solutions du train et de l'eau. La Belgique est un petit pays, très urbanisé, et avec le train, il y a beaucoup de contraintes (passage à niveau...) En revanche, on a un beau réseau de voies d'eau. Et un bateau équivaut à 40 camions.... Au départ, l'idée était de faire venir les camions de Quenast, jusqu'au canal, mais il fallait traverser la ville de Tubize. L'idée d'utiliser la voie de chemin de fer est de moi. Ce concept multimodal, utilisant chemin de fer et bateau, cela n'existe pas dans d'autres entreprises en Wallonie !" Dans les deux ans, sur les 2 millions de tonnes de porphyres que produit Quenast par an, Gralex espère transporter 250000 tonnes via le canal, soit un bateau par jour.

D'autres entreprises installées sur les terrains que la Sarsi possède près de la zone entendent aussi profiter du quai. C'est le cas de Ctraval, qui traite des terres polluées et à qui le quai sera utile pour le transport. Elle occupera 2 ha de la zone portuaire. Ou encore de Modulart, qui produit des maisons clés sur porte et qui occupe un hall non loin du canal. "Pour le moment, notre production est vendue localement. Mais nous voudrions nous diriger vers l'étranger, explique Charly de Troostembergh, cofondateur de la société. Ici, à Clabecq, nous pourrions faire la production de plaques. Et ces plaques, nous les mettrions dans des containers, qui seraient déposés sur les péniches... Elles pourraient être aussi transportées par chemin de fer... La zone peut donc nous aider à franchir une étape supplementaire..."

Source: La Libre - Sophie Devillers - 13 juin 2008

 

- Seli Migdisi
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